Chapitre 2 : La destinée

 

Chapitre 2 

La destinée

Tout à coup, la cloche de l’église sonna l’alarme. Nos héros se demandaient ce qui se passait. Ils montèrent dans la tour d’observation d’Ignacius et virent les guerriers des Terres Sombres arriver à grande vitesse. Ils commençaient à détruire la porte principale. De l’autre coté, toute la population courrait vers les portes nord et ouest. Mais c’était trop tard ! Sernes était déjà entourée par l’armée des Terres Sombres. Toute la population se réfugia sur la place du marché mais la porte principale s’écroula brusquement et un sorcier apparut.

« Oh, non ! Ce n’est pas vrai ! cria Ignacius.

_ Qu’y a-t-il ? demanda Mathias avec un air surpris.

_ C’est Parts, l’un de mes anciens opposant, répondit le magicien.

_ Que pouvons-nous faire ? demanda Faminus.

_ Laissez-moi m’en occuper. »

Mais il n’eut pas le temps de réagir. L’armée entra dans la ville et les Ténèbres commencèrent à envahir le village. Non loin de l’armée, deux enfants étaient en train de jouer, apparemment inconscients de ce qui se passait. Epouvantée, Rosalie sortit de la maison et se lança à leur secours.  Au même moment, Parts lança une boule remplie de Ténèbres. Rosalie se jeta sur les enfants et les projeta à terre pour les protéger . Ignacius descendit de la tour et revint avec un vieux grimoire rempli de puissants sortilèges de défense. Il l’ouvrit et prononça une formule. Aussitôt, Parts et le reste de l’armée se volatilisa progressivement dans un nuage de fumée noire. 

 Il bâtit aussi une immense barrière de protection tout autour du village et les ennemis ne purent plus avancer. Ils luttèrent pour briser le mur magique mais en vain. La barrière était infranchissable. Ne pouvant plus rien faire, l’armée se retira et disparut dans une énorme nuage de fumée noire. Avant de partir à son tour, le dénommé Parts dit à Ignacius :

« Ne crois pas que tu t’es à nouveau débarrassé de moi, Ignacius. Je reviendrai !

_ Je t’attends avec impatience ! se moqua Ignacius. »

Parts se volatilisa à son tour dans une gigantesque buée noire.

Lorsque le calme revint au village, chacun reprit ce qu’il était en train de faire, comme s’il ne s’était rien passé. Ignacius et les cinq amis quittèrent la tour d’observation puis Mathias demanda :

« Ignacius, si le Sceptre de Vie peut donner la vie comme il peut la retirer, est-ce qu’il peut donner un enfant à une femme stérile ?

_ Je pense que oui, répondit le magicien. Lorsqu’une femme est enceinte , elle donne naissance à un nouvel être sur terre, donc à une nouvelle vie. »

Après avoir entendu ces mots, Mathias serra sa femme dans ses bras et dit :

« Chérie, nous avons trouvé le moyen d’obtenir un enfant.

_ Oui, approuva Ella. Mais nous n’avons le Sceptre.

_ C’est simple, nous irons le chercher, répondit son mari.

_ Je trouve cette idée un peu soudaine mais un peu d’aventures ne nous fera pas de mal, acquiesça Rosalie.

_ Je suis également d’accord, opina Anton. J’ai toujours eu envie de voyager.

_ Je le suis également, approuva Faminus.

_ Vous voulez aller chercher le Sceptre ! s’exclama Ella. Nous ne savons même pas où habitent les Pygmés-ouistitis.

_ Justement, intervint Ignacius, maintenant que vous envisagez de partir à la recherche du Sceptre de Vie, le livre dans lequel était écrit l’histoire de la découverte du Sceptre et la naissance des Terres Sombres renfermait également le destin de cinq jeunes adultes. Il disait, qu’un jour, cinq mortels décideraient de partir à la recherche du Sceptre de Vie pour résoudre un problème. personnel mais aussi pourde sauver le monde, je me trompe ? »

À ces mots, nos héros ne surent que dire. Finalement, Faminus prit la parole :

« Il est vrai que sauver le monde n’est pas une idée qui nous indiffère. Nous trouvons même cette idée plutôt excitante. N’est-ce pas, les amis ?

_ Oui ! répondirent en choeur les camarades de Faminus.

_ Je vois que le livre ne s’est pas trompé, intervint Ignacius. Etant donné que vous avez l’air assez motivé et que le destin vous a choisi pour voler au secours de l’humanité, il ne me reste plus qu’à vous préparer pour que vous puissiez franchir tous les obstacles qui se dresseront sur votre chemin. Que diriez-vous de commencer maintenant ?

_ Exellente idée, répondit Anton.

_ Oui, allons-y ! approuva Mathias.

_ Nous allons commencer par les techniques de combat, dit Ignacius. »

Pour cela, le magicien fit apparaître des combattants. Les élèves d’Ignacius commencèrent par des combats sans armes. Au début, ils pataugeaient un peu mais leurs progrès furent néanmoins assez rapides. Si bien qu’en seulement un mois, ils réussirent à exécuter plusieurs enchaînements complexes. Ils combattirent ensuite avec des bâtons, puis avec des épées. Après cela, Ignacius leur fit faire un peu d’endurance et d’athlétisme. Puis arriva le jour où le magicien leur appris qu’il allait leur enseigner la magie.

« Nous pouvons apprendre la magie ? s’étonna Ella.

_ Bien sûr, répondit Ignacius. Tous les mortels peuvent apprendre la magie. En revanche, elle est différente chez chacun d’entre eux. L’étincelle de magie qui sommeille en vous et que vous allez dégager ne sera jamais similaire à celle des autres.

_ Nous avons de la magie en nous ? s’émerveilla Rosalie.

_ Et, oui ! répondit le magicien. Il est maintenant temps pour vous de la réveiller et de la mettre en pratique ! »

Puis ils se mirent au travail. Réveiller la magie qui sommeille en soi n’est pas une chose facile. Surtout qu’il n’y a qu’un seul moyen pour le faire. Ignacius demanda donc à ses élèves de former un cercle et de se mettre accroupi. Il alluma ensuite un feu au centre du cercle, leur demanda de tendre leurs bras vers les flammes, de fermer les yeux et de chercher au plus profond d’eux-même. « Cherchez à entrer en contact avec votre esprit intérieur, dit le magicien. Lorsqu’il vous répondra par des paroles mystérieuses, les premières étincelles magiques jailliront de vos mains. ». Les cinq amis passèrent la majeure partie de l’après-midi à pratiquer cet exercice, mais rien ne se produisit. Ils recommencèrent le lendemain, toujours rien. Mais leur maître les encourageaient en disant qu’ils allaient finir par y arriver tôt ou tard. Et se fut le cas, après deux semaines d’efforts. Ce jour-là, Faminus fut le premier à réussir. Il sentit soudain ses mains brûler mais ellesn’étaient pas rouges. Un instant plus tard, comme l’avait prédit Ignacius, un événement des plus étranges se produisit. Des boules de feu de la taille d’une pomme sortirent de la paume ses mains. Faminus était très fier de lui. Les autres compagnans parvinrent aussi à développer leur pouvoir. Des éclairs jaillirent des paumes de Rosalie. Pour Anton, ce fut des cristaux de glace semblables à des stalagtites . Ella vit uneplantesgigante pousser devant elle, c’était là son pouvoir et Mathias sentit jaillir de la terre de ses mains. Très fier d’eux, nos héros se félicitèrent mutuellement puis Ignacius les congratula à son tour :

« Vous avez été absolument formidables ! Votre patience et votre persévérance ont entièrement porté leurs fruits et vous avez su, en seulement quinze jours, développer la magie qui était en vous, félicitations !

_ Merci, Ignacius ! dirent en choeur les cinq amis.

_ Vos pouvoirs magiques sont : la Foudre, les Plantes et la Terre, la Glace et le Feu. Vous êtes les élus , ces cinq éléments sont les pouvoirs les plus puissants,

_ Ils peuvent même battre ceux de Dalm ? demanda Faminus.

_ Oui, répondit Ignacius. Mais ce n’est pas si simple que ça. Si l’on veut battre Dalm et ses semblables, il faut faire usage de la bonne stratégie.

_ Et quelle stratégie devra-t-on utiliser ? s’enquit Anton.

_ Il faudra le découvrir par vous-même, répondit le magicien. À présent, passons à la pratique de la magie. »

Pour Rosalie, il fit apparaître une lampe avec des fils électriques. « Allume cette lampe », ordonna Ignacius. Son élève tendit ses mains vers les cables et se concentra pour faire jaillir des éclairs. Mais lorsque l’effet se produisit, ceux-ci surgir et se dispersèrent dans tous les sens. Si bien qu’Ignacius dut créer un bouclier de protection pour éviter qu’il y ait des blessés. Malgré cet incident, Rosalie persévéra et, en seulement une heure, réussit à contrôler la direction de ses pouvoirs et à allumer la lampe en alimentant les câbles électriques. Ella, quant à elle, dut faire pousser une plante et la contrôler, Mathias dut créer un temblement de terre, Anton dut battre des ennemis avec ses cristaux de glaces et Faminus eut la même mission, mais avec ses boules de feu. Les cinq amis se demandaient à quoi pourrait bien servir ces exercices mais ils comprirent ensuite. Lorsque tout le monde eut passé cette étape, Ignacius dit : « Excellent ! Maintenant que vous savez exécuter les techniques de base et que vous savez diriger vos pouvoirs, nous allons passer à des choses un peu plus difficiles. Grâce à ses exercices d’approfondissement, vous pourrez réaliser les tours les plus puissants. D’un petit laser jusqu’à une grande rafale. ». Le magicien demanda donc à Rosalie d’alimenter toute la maison en électricité, à Ella de remplir tout le jardin de plantes, à Mathias de créer une faille dans le sol et de la refermer, à Anton de s’entraîner à battre des ennemis jusqu’à ce que ses cristaux grossissent suffisamment de sorte qu’un seul suffise à éliminer un adversaire et Faminus eut le même travail avec ses boules de feu. Cette fois, les progrès furent moins rapides. Nos héros travaillèrent d’arrache-pied puis, en deux semaines, réussirent enfin les exercices d’Ignacius à la perfection. Enchantés mais épuisés, le magicien leur accorda un peu de repos avant l’évaluation finale.

« Vous allez, tous ensemble, combattre les ennemis que je vais faire apparaître en utilisant toutes les techniques que je vous ai enseignées. ». Les ennemis que Faminus et Anton avaient affronté étaient de simples guerriers armés d’un bouclier et d’une lance et qui faisaient à peu près leur taille. Mais ceux que le magicien fitapparaître étaient beaucoup plus costaux et beaucoup mieux armés.

« Ces guerriers sont très puissants alors faites attention, prévint Ignacius.

_ D’accord ! dirent les cinq amis en choeur. »

Puis le combat commença par une attaque de l’un des six combattants. Il chargea en direction de Mathias en prenant pour arme son bouclier. Celui-ci évita l’attaque avec agilité et riposta avec un coup de pied qui fit tomber le bouclier des mains de son adversaire. Puis Mathias lui lança de la terre au visage. Aveuglé, l’ennemi tituba puis finit par tomber. Mathias profita de cette occasion pour lui prendre son épée mais n’eut pas le temps de lui prendre sa hache. Un duel s’engagea alors entre les deux combattants. De son côté, Ella luttait contre un guerrier auquel elle voulait enlever ses armes. Elle fit donc pousser une plante gigantesque ligota enson adversaire avec ses branches et lui fit un croche-pied. Sa chute brutale l’assomma. Rosalie, quant à elle, lançait des éclairs à son adversaire mais celui-ci se protégeait avec son bouclier, rendant la foudre inefficace. Rosalie se battit donc contre lui à coups de poings et de coups de pieds. Plusieurs fois elle manqua de se faire couper en deux par la lame son épée Puis comme Mathias, grâce à un coup de pied, elle réussit à le désarmer de son bouclier. Elle lui donna un coup de poing au visage puis le foudroya avec des éclairs. Anton et Faminus combattaient ensemble contre deux adversaires qui se protégeaient des boules de feu et descristaux avec leurs boucliers.Faminus lança ses boules de feu sur le sol. Le guerrier tituba sous l’intense chaleur du feu et tomba. Anton fit de même avec la glace.Son adversaire glissa, Anton posa ses mains sur le torse du guerrier et le glaça jusqu’à ce qu’il périsse. Il ne restait plus qu’un ennemi à battre et celui-ci avait l’air plus fort que les autres. Les cinq amis l’affrntèrent ensemble. L’ennemi chargea en agitant son épée dans tous les sens, comme pour décapiter tout ce qui bougeait. Ses bras et son épée semblaient se démultiplier.Nos héros esquivèrent tous les coups puis passèrent à l’action. Ella employa la même technique qui lui avait permis de désarmer son ancien adversaire , Mathias lui fit perdre l’équilibre en créant une faille dans le sol, Rosalie foudroya son corps tandis que Faminus le brûlait boules de feu et Anton le glaçait. Nul n’aurait pu résister à un tel traitement. Le malheureux mourut dans d’atroces souffrances.

Les corps des guerriers disparurent alors dans une fumée noire.

« Nous avons réussi ! s’exclama Ella.

_ Je suis très fier de vous, dit Ignacius. À présent, vous êtes prêts pour partir à l’aventure. Vos pouvoirs gagneront en puissance au cours de votre voyage.

_ Au fait, intervint Mathias, vous avez dit que Sard avait trouvé le Sceptre de vie dans une pierre de verre. À qui le Sceptre a-t-il appartenu avant ? Et pourquoi cette personne s’en est-elle débarrassé ?

_ Il a appartenu à un magicien très puissant dont je ne connais pas le nom. Mais celui-ci connaissait le risque qu’il courrait s’il le gardait trop longtemps en sa possession. C’est la raison pour laquelle il l’a caché dans une pierre de verre dans l’espoir que personne ne le trouve. Il a pensé que s’il était entre les mains de quelqu’un de bon, son pouvoir ne l’anéantirait pas. Il s’est donc lancé à sa recherche mais il était trop tard. Sard l’avait déjà trouvé et son pouvoir l’avait anéanti. Depuis que les Terres Sombres sont apparues, le s pouvoirs du magicien ont diminué et il est allé se réfugié dans un petit village ,

_ Cela veut dire que si le Sceptre retombait entre les mains d’une bonne personne, ce magicien redeviendrait aussi puissant qu’ auparavant ? demanda Faminus.

_ Oui, répondit Ignacius. Et il osera it se manifester à nouveau. Il était si puissant qu’il aurait pu vaincre seul le reoutable Dalm .

_ Cela fait une raison de plus pour aller chercher le Sceptre, dit Mathias.

_ Où vivent les Pygmés-ouistitis ? s’enquit Ella.

_ Sur cette île au large de l’océan, rmontra-t-il sur la carte,

A l’extrême nord se trouvait les Terres Sombres. Au nord-est, le royaume des sirènes et plus bas l’île sur laquelle vivaient les Pygmés-Ouistitis.

« Ca n’a pas l’air si loin que ça, dit Rosalie.

_ Détrompez-vous, rectifia Ignacius. C’est plus loin que vous ne le pensez. Je vous confie cette carte, elle vous sera très utile.

Il la confia à Ella.

« _ Qui habite ce château ? demanda Mathias en désignant le château qui se situait dans les montagnes.

_ Je ne sais pas, répondit Ignacius. Peut-être un sorcier. Pendant votre voyage, vous devrez absolument éviter de passer près des villes et des villages. Nous ne connaissons pas exactement quels sont ceux qui ont été conquis par l’armée des Terres Sombres. Si, par malheur, vous vous approchez trop de ces cités, les Ténèbres s’empareront aussitôt de vous.

_ À propos de cités, intervint Anton, savez-vous où se situe Iside, Tium et Soile, les villages où se sont réfugiés les Montagnarts qui ont survécu au massacre ?

_ Non, répondit Ignacius. Et ceux qui se sont réfugiés à Sernes ne vous en diront pas plus sur le drame. Quand comptez-vous partir ?

_ Le plus tôt sera le mieux, répondit Faminus. Ce soir même.

«  J’espère que vous vivrez une aventure unique pleine d’enrichissements et de découvertes. Je souhaite plus que tout que vous réussissiez à sauver le monde mais j’ai confiance en vous, élus du destin. Bon courage et bonne chance !

_ Merci, Ignacius, remercia Faminus. Au revoir ! »

Nos héros se dirigèrent donc vers le chemin qui menait à la porte située au nord-ouest du village. Puis Ignacius appela Faminus et lui donna un anneau.

« Prends cet anneau. Il est préférable que tu n’en parles à personne. Tu pourras l’utiliser en dernier recours. Pour activer son pouvoir, il te suffiras de l’enfiler à ton annulaire et d’e te concentrer.

_ Merci dit Faminus. »

Il cacha l’anneau avec précaution et alla rejoindre ses amis. Une légère excitation les gagna. Ils allaient enfin voyager et découvrir de nouvelles contrées.

C’est ainsi qu’ils s’engouffrèrent dans la forêt, en ayant l’impression de pénétrer dans un monde nouveau .

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